Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais,
Monsieur le chef du Service interministériel des Archives de France,
Monsieur le Directeur Régional des Affaires Culturelles, Cher Hilaire Multon,
Madame la Présidente de l’Université d’Artois, Anne Daguet-Gagey
Madame le Maire, chère Françoise,
Monsieur le Président de la CUA, Monsieur le Maire d’Arras, cher Frédéric Leturque,
Monsieur le Président honoraire du Conseil départemental, cher Roland,
Mesdames Laurence Louchaert et Valérie Cuvillier, en charge des Archives, de la Culture et des enjeux liés au Patrimoine,
Mers chers collègues,
Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les directeurs et leurs équipes de l’Archéologie, des Archives, de la Médiathèque départementale,
Mesdames, Messieurs,
C’est avec une grande fierté que nous inaugurons aujourd’hui ce nouveau pôle culturel départemental à Dainville.
Il réunit désormais les Archives départementales, la Maison départementale de l’Archéologie, ainsi qu’une antenne de la Médiathèque départementale, aux côtés de celles de Lillers et de Wimereux.
Trois directions, trois missions, mais une seule ambition : donner à chaque habitant, où qu’il vive, les clés de compréhension de son histoire et donc sa place dans la République.
Nous inaugurons également une réalisation majeure, le nouveau bâtiment des Archives départementales du Pas-de-Calais, pensé pour répondre aux exigences contemporaines de conservation, d’accès et de transmission.
Mais au-delà d’un bâtiment, nous inaugurons ici une idée simple et essentielle : celle d’un service public qui prend soin de la mémoire des territoires et qui la transmet aux générations à venir.
Depuis les lois de décentralisation, les Archives départementales constituent une compétence essentielle du Département. Elles assurent la collecte, la conservation et la communication des traces de notre histoire, sous toutes leurs formes : écrites, iconographiques, audiovisuelles et numériques.
Cette mission s’exerce dans un cadre de coopération étroite entre l’État et le Département, qui traduit une responsabilité partagée au service du patrimoine national.
Je veux ici saluer la qualité du travail commun entre le ministère de la Culture, au travers du Service interministériel des Archives de France, et le Département du Pas-de-Calais, ainsi que la présence d’agents de l’État au sein même de l’équipe des Archives départementales, aux côtés des agents départementaux.
Je souhaite également adresser plus spécifiquement des remerciements sincères au Service interministériel des Archives de France pour son accompagnement attentif tout au long de ce projet structurant.
Par leur expertise, leur dialogue régulier avec les équipes départementales et leur mission plus globale d’assistance et d’animation du réseau des archives au profit de la préservation de notre patrimoine, Monsieur Bruno Ricard, chef du service interministériel des Archives de France (SIAF) et l’ensemble de ses collègues ont pleinement contribué à la réussite de cette réalisation.
Je veux également remercier chaleureusement le Directeur régional des Affaires culturelles des Hauts-de-France, cher Hilaire Multon, pour la qualité de notre collaboration et votre engagement constant aux côtés de notre Département.
Lorsque je vous vois à l’œuvre sur nos territoires, je pense souvent à une grande figure de l’Etat que j’ai eu le plaisir de côtoyer : Edgard Pisani. Il disait « Le respect se mérite, il n’est jamais acquis, le respect est réciproque. »
Cette citation illustre parfaitement la relation de travail que nous avons construite ensemble. Votre présence régulière et attentive dans le Pas-de-Calais, votre connaissance des territoires, votre écoute et votre disponibilité témoignent d’une conception exigeante mais profondément humaine de l’action publique.
C’est ainsi, me semble-t-il, que doivent toujours se construire les relations entre les représentants de l’Etat et les élus locaux : dans la confiance et le respect mutuel.
Au conseil départemental, nous croyons à cela : la confiance plutôt que la verticalité, au dialogue plutôt qu’à la distance. C’est ainsi que l’on fait avancer les territoires.
Et c’est précisément cet esprit de coopération et de responsabilité partagée qui a permis de conduire ce projet ambitieux au service de notre patrimoine commun.
Car les Archives départementales incarnent une organisation exigeante, mais profondément cohérente. La mémoire publique est un bien commun qui suppose engagement, continuité et confiance.
Dans le Pas-de-Calais, cette mémoire est dense, multiple, profondément humaine. Elle porte l’empreinte du littoral, du monde rural et du bassin minier de l’Artois-Gohelle. Elle raconte des vies, des efforts, des transformations sociales et industrielles qui ont façonné notre identité.
Les archives ne sont jamais abstraites. À travers les fonds conservés ici, c’est toute l’histoire du territoire qui se déploie sous nos yeux, du Moyen Âge à l’époque moderne, des bouleversements de la Révolution française jusqu’à l’époque contemporaine. Ces documents rappellent l’évolution de nos institutions, de nos paysages, de nos communes, de nos activités économiques et de la vie quotidienne des habitants du Pas-de-Calais au fil des siècles.
Elle est aussi marquée par les grandes épreuves du XXᵉ siècle, en particulier la Première et la Seconde Guerre mondiale, dont les traces demeurent très présentes dans nos archives comme dans nos paysages. Celles-ci constituent aujourd’hui un patrimoine historique précieux pour comprendre notre département.
Les actions des Archives s’inscrivent pleinement dans notre Pacte des réussites citoyennes, avec une offre culturelle accessible sur site, mais aussi par le biais d’expositions mobiles accompagnées d’actions de médiation, afin d’aller au plus près des habitants.
Leur mission peut se résumer simplement : conseiller, contrôler, collecter, trier, classer, conserver, communiquer et valoriser. Derrière ces verbes, il y a une exigence, rendre accessible ce qui constitue notre patrimoine commun et permettre à chacun de se réapproprier son histoire.
Ce nouveau bâtiment réunit désormais des fonds auparavant répartis sur deux sites, les anciens centres d’Arras et de Dainville. Les capacités de conservation étaient arrivées à saturation. Le vieillissement des bâtiments imposait une réponse ambitieuse et durable.
Aujourd’hui, avec près de 60 kilomètres linéaires de stockage, il est possible d’anticiper sereinement les besoins des décennies à venir.
Installé sur un terrain de 17 000 mètres carrés, ce bâtiment associe espaces de conservation, espaces publics et zones de travail adaptées aux missions des équipes.
Tout a été conçu pour garantir des conditions optimales de conservation et de consultation, dans un environnement maîtrisé, stable et sécurisé.
Ce nouvel ensemble s’inscrit dans une démarche environnementale exigeante, en cohérence avec les engagements du Département en matière de transition écologique.
Réduction des consommations, énergie solaire, réseau de chaleur urbain, limitation des impacts de chantier et intégration paysagère témoignent de cette ambition.
Cette opération traduit ainsi un engagement fort du Département du Pas-de-Calais, à hauteur de 36 millions d’euros pour la conception et la réalisation du bâtiment.
Je tiens à exprimer notre profonde reconnaissance au ministère de la Culture pour son accompagnement déterminant dans cette réalisation, avec une participation financière de 5 millions d’euros, qui témoigne de l’attention portée par l’État à la préservation et à la transmission de notre patrimoine archivistique.
Cette construction porte également une dimension sociale forte, à travers une clause d’insertion qui a permis de mobiliser des parcours professionnels locaux tout au long du chantier et du déménagement, mais aussi dans sa phase préparatoire, au travers d’une ambitieuse opération de dépoussiérage et de reconditionnement de plus de 8 km linéaires d’archives, confiée à l’association d’insertion le Coin familial.
Je veux saluer l’ensemble des équipes du Département, notamment celles de la direction de l’immobilier et du pôle aménagement, mais aussi du pôle Ressources et Accompagnement comme du Pôle Solidarités, qui ont conduit ou soutenu ce projet avec rigueur et engagement.
Je veux également adresser des remerciements tout particuliers à Lionel Gallois, directeur des Archives départementales du Pas-de-Calais, ainsi qu’à l’ensemble de ses collègues.
Depuis de nombreuses années, ils portent tous avec conviction et exigence les missions essentielles de collecte, de conservation, de transmission et de valorisation de notre mémoire départementale.
Cher Lionel, je veux saluer l’expertise scientifique et technique, le sens du service public comme l’engagement constant que chaque membre de votre équipe et vous-même avez su avoir pour porter et accompagner, avec rigueur, sérénité et passion, ce projet d’une ampleur exceptionnelle.
À travers ce nouveau bâtiment, c’est aussi le travail quotidien des Archives départementales qui est aujourd’hui reconnu et mis à l’honneur.
J’adresse également mes remerciements aux agences Zig Zag Architecture et Avantpropos architectes, à Sogea Caroni, mandataire du groupement, aux bureaux d’études, entreprises et à l’ensemble des partenaires mobilisés, ainsi qu’aux riverains pour leur compréhension durant les travaux.
Cette inauguration marque aussi l’aboutissement d’un chantier humain et logistique exceptionnel.
Le déménagement des fonds, engagé en septembre 2025, a mobilisé l’ensemble des agents des Archives départementales, avec un travail minutieux de préparation, de réorganisation et de contrôle, mais aussi évidement la société Demeco, en charge de l’opération proprement dite.
Par son ampleur, cette opération a suscité un intérêt médiatique bien au-delà de notre département. La presse écrite comme plusieurs chaînes de télévision nationales ont souhaité mettre en lumière ce chantier hors norme, révélateur de la richesse des fonds conservés ici mais aussi de l’exigence que représente le déplacement sécurisé de plusieurs dizaines de kilomètres linéaires d’archives.
Derrière ces images impressionnantes, il y avait surtout des femmes et des hommes attentifs à chaque document, conscients de la responsabilité qui leur était confiée.
Je veux saluer ici cet engagement collectif, patient et rigoureux.
Dans un projet de cette ampleur, rien n’est immédiat, rien n’est simple, tout demande du temps, de la méthode et de la persévérance.
Comme le rappelait Jean Jaurès : « L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements. »
Et de ce fait, ce sont les femmes et les hommes qui donnent vie aux lieux. Sans vous, cette maison de la mémoire départementale ne serait qu’une enveloppe. Avec vous, elle devient un lieu de mémoire, de travail, de recherche et de transmission.
Je veux également y associer les usagers des Archives, chercheurs, amateurs ou professionnels, généalogistes et passionnés, dont les travaux font vivre ce patrimoine au quotidien.
Enfin, je souhaite rendre hommage à Danièle Seux, à qui l’auditorium de ce bâtiment est désormais dédié. Élue du canton d’Auchel entre 2015 et 2020, vice-présidente en charge des Archives départementales, elle a joué un rôle déterminant dans la décision de construire cet équipement, notamment par l’inscription budgétaire qui a permis sa réalisation. C’est un hommage simple, profondément mérité. Cet hommage était une évidence. Nous lui devions bien cela, tant son engagement fut constant et sincère.
Je souhaite aussi associer à cet instant Laurence Louchaert vice-présidente en charge des bâtiments, de l’Egalité Femmes/Hommes et des Archives, ainsi que Valérie Cuvillier vice-présidente en charge de la Culture et des enjeux liés au Patrimoine qui portent avec conviction cette politique culturelle et patrimoniale.
Dans le Pas-de-Calais, rien n’est jamais abstrait. Ni la Culture, ni l’Histoire, ni la République.
Ce lieu réunit trois forces complémentaires, Archives, Archéologie, Lecture Publique.
C’est une idée simple, mais profondément politique : mettre en réseau ce qui élève, ce qui transmet et ce qui relie.
Je veux ainsi saluer le travail de la direction de l’Archéologie, représentée par Jean-Michel Willot, et de celle de la Médiathèque départementale, portée par Benjamin Kesteloot, et de l’ensemble de leurs équipes respectives.
Ce rapprochement permettra de développer des passerelles, des projets communs, d’harmoniser les programmations artistiques et culturelles, de proposer des parcours de visites croisées, mais aussi de faire dialoguer les patrimoines, les savoirs et les publics.
Au fond, c’est toute l’ambition de ce site culturel départemental, créer un lieu vivant où la mémoire, la connaissance et la transmission se répondent et s’enrichissent mutuellement au service des habitants.
Au conseil départemental, nous avons une manière bien à nous d’avancer. Je le dis souvent : Ici, on fait peu de bruit, mais on fait le travail.
Et c’est précisément ce que cette inauguration vient illustrer aujourd’hui.
C’est pourquoi aura lieu tout au long du week-end, samedi et dimanche, une ouverture exceptionnelle au public. Les habitantes et habitants du Pas-de-Calais pourront ainsi découvrir ce nouveau site culturel départemental, ses espaces, ses missions et les métiers qui le font vivre au quotidien. Parce que ce lieu a vocation à être un lieu ouvert, accessible et vivant au service de toutes et tous.
Nous vous invitons également à découvrir l’exposition photographique Transition(s), regards sur un siècle de bâtiments d’archives.
Aujourd’hui, une page s’est tournée : le centre Georges-Besnier, ouvert en 1925, le centre Mahaut-d’Artois, inauguré en 1974, ont laissé place à un nouveau bâtiment. Trois bâtiments, trois époques, donc ; nous avons demandé à trois photographes de proposer leur lecture de ces lieux, mais aussi des gestes et des métiers des Archives.
Car préserver les archives, c’est préserver ce qui nous relie les uns aux autres. C’est comprendre d’où nous venons pour mieux construire l’avenir.
Comme l’écrivait Victor Hugo :
« L’avenir est une porte, le passé en est la clé. »
Je vous remercie.
Après le discours de Madame la Ministre, Madame Julie Soutry, cheffe du protocole du Département, vous présentera les modalités d’organisation des visites.
Ces visites ont été pensées pour permettre la découverte de ce nouveau site culturel départemental — réunissant la Maison départementale de l’Archéologie, la Médiathèque départementale de Dainville et les Archives départementales — dans des conditions simples, fluides et conviviales.