Pour la rentrée 2026, l’académie de Lille sera à nouveau la plus durement touchée avec plusieurs centaines de postes supprimés, dont environ 245 dans le premier degré et 167 dans le second degré. Certaines estimations évoquent même jusqu’à 412 postes supprimés au total. Aucune autre académie ne connaît une telle baisse. Le groupe socialiste, républicain et citoyen alerte sur cette situation. Derrière ces chiffres, ce sont des fermetures de classes, la désertification de nos communes rurales où l’école reste un facteur d’attractivité, des équipes éducatives fragilisées et des conditions d’apprentissage dégradées pour des milliers d’élèves.
Nous prenons pleinement conscience de la réalité démographique à laquelle le Département du Pas-de-Calais fait face. C’est une réalité que nous devons accepter et la majorité s’y emploi dans sa politique éducative. Cependant, cette réalité doit être une opportunité pour améliorer le cadre d’enseignement et la qualité de scolarité des élèves.
En effet, face aux inégalités sociales que nous connaissons sur notre territoire, nous croyons dans le rôle essentiel d’émancipation et de cohésion de l’éducation. Nous regrettons ces décisions, qui sont particulièrement lourdes de conséquences.
Moins de postes, ce sont d’abord des classes plus chargées. Ce sont des enseignants moins disponibles pour accompagner chaque élève. Ce sont des dispositifs de soutien qui disparaissent ou se réduisent. Mais au-delà de la seule question des moyens, c’est aussi le bien-être des jeunes qui est directement impacté.
Des classes surchargées, un suivi individualisé affaibli, des équipes éducatives sous tension : tout cela contribue à dégrader le climat scolaire. Or, chacun le sait, la qualité de l’enseignement est indissociable des conditions dans lesquelles les élèves apprennent. L’attention, la confiance, la sérénité sont des conditions indispensables à la réussite. En les fragilisant, on fragilise l’avenir même de notre jeunesse. Alors que les enquêtes sur la santé mentale des jeunes soulignent de jour en jour un mal-être de plus en plus grand, que la santé mentale a été prononcé grande cause du mandat, nous alertons sur les conséquences de ces choix pour notre académie.
Ces choix budgétaires traduisent une vision que nous contestons : celle d’une école considérée comme une variable d’ajustement, au mépris des réalités de terrain et des besoins des élèves. Rien ne peut justifier que l’on affaiblisse ainsi le service public d’éducation, en particulier dans des territoires qui ont le plus besoin de l’école de la République.
Le Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen refuse cette logique et appelle le Gouvernement à revoir sans délai sa copie. Face à la baisse démographique, une autre voie est possible que celle des suppressions de postes. La voie de la réduction des effectifs par classe, qui est un levier majeur de réussite scolaire. Contre les fragilités sociales de notre Département, la baisse des effectifs doit être une opportunité à saisir pour relever les défis de l’école républicaine.
Il est urgent de garantir aux équipes éducatives les moyens d’exercer pleinement leur mission. L’investissement dans l’éducation n’est pas une dépense : c’est un choix d’avenir, un engagement pour l’égalité des chances et pour la cohésion de notre société.
Mireille HINGREZ-CEREDA, Présidente du groupe socialiste, républicain et citoyen
André KUCHCINSKI, Vice-Président du groupe socialiste, républicain et citoyen
Jean-Claude LEROY, Président du Conseil Départemental,
Fatima AIT CHIKHEBBIH, Olivier BARBARIN, Maryse CAUWET, Sébastien CHOCHOIS, Jean-Jacques COTTEL, Jean-Louis COTTIGNY, Alain DE CARRION, Jean-Claude DISSAUX, Blandine DRAIN, Jean-Luc DUBAELE, Philippe DUQUESNOY, Laurent DUPORGE, Delphine DUWICQUET, Raymond GAQUERE, Karine GAUTHIER, Pierre GEORGET, Séverine GOSSELIN, Ludovic IDZIAK, Daniel KRUSZKA, François LEMAIRE, Emmanuelle LEVEUGLE, Ludovic LOQUET, Daniel MACIEJASZ, Caroline MATRAT, Bénédicte MESSEANNE-GROBELNY, Alain MEQUIGNON, Sandra MILLE, Evelyne NACHEL, Bertrand PETIT, Benoît ROUSSEL, Véronique THIEBAUT, Françoise VASSEUR, Sophie WAROT-LEMAIRE, Florence WOZNY, Cécile YOSBERGUE.