Un lieu public où chaque habitant trouve un interlocuteur, une personne avec qui échanger et faire valoir ses besoins. Voilà ce qui, depuis plusieurs années, tend à disparaître dans nos communes. Nous sommes les témoins privilégiés du recul des services publics comme des commerces dans nos centres-bourgs, et ce malgré les nombreux dispositifs mis en place pour enrayer ce phénomène.
Cette fois, ce sont les agences postales qui se trouvent menacées de fermeture. Alors que le Contrat de présence postale territoriale 2023-2025 a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 afin de laisser le temps nécessaire à la négociation entre l’État, La Poste et l’Association des Maires de France, le projet de loi de finances pour 2026, adapté le 2 février, prévoit une réduction globale de 122 millions d’euros de la compensation versée à La Poste au titre de ses missions de service public. Parmi cette baisse figurent 44 millions d’euros consacrés à la mission d’aménagement du territoire, qui constitue le socle du financement du contrat de présence postale territoriale.
Une telle réduction fragiliserait directement les équilibres financiers des Commissions Départementales de Présence Postale Territoriale (CDPPT) et compromettrait la capacité de nos communes rurales à maintenir leurs agences postales.
Dans de nombreuses communes de notre département, comme partout en France, le bureau de poste ou l’agence postale constitue l’un des derniers services publics de proximité. Il joue un rôle essentiel en matière de lien social, d’accès aux services financiers de base, de retrait d’espèces et d’accompagnement des publics les plus fragiles. Nous redoutons que cette réduction des crédits ne conduise soit à un transfert accru de charges vers des communes déjà confrontées à de fortes contraintes budgétaires, soit à une nouvelle rationalisation du réseau au détriment des territoires ruraux.


La disparition progressive des guichets de la Banque Postale, conjuguée à celle des agences Bancaires comme le Crédit Agricole, ainsi qu’à la remise en cause de la présence des distributeurs automatiques de billets (DAB) pour des raisons de coût, n’augure rien de bon pour l’avenir des services postaux et bancaires de proximité.
Les élus du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen demandent donc au Gouvernement de revenir sur les réductions de crédits affectant le Contrat de présence postale territoriale et d’engager sans délai les négociations en vue d’un nouveau contrat garantissant un maillage territorial ambitieux. Plus largement, il apparaît indispensable de mener une réflexion globale sur le maintien et le développement des services publics de proximité sur l’ensemble du territoire.
Nous pensons que les services publics demeurent le patrimoine de celles et ceux qui n’en n’ont pas.
Mireille HINGREZ-CEREDA, Présidente du groupe socialiste, républicain et citoyen
André KUCHCINSKI, Vice-Président du groupe socialiste, républicain et citoyen
Jean-Claude LEROY, Président du Conseil Départemental,
Fatima AIT CHIKHEBBIH, Olivier BARBARIN, Maryse CAUWET, Sébastien CHOCHOIS, Jean-Jacques COTTEL, Jean-Louis COTTIGNY, Alain DE CARRION, Jean-Claude DISSAUX, Blandine DRAIN, Jean-Luc DUBAELE, Philippe DUQUESNOY, Laurent DUPORGE, Delphine DUWICQUET, Raymond GAQUERE, Karine GAUTHIER, Pierre GEORGET, Séverine GOSSELIN, Ludovic IDZIAK, Daniel KRUSZKA, François LEMAIRE, Emmanuelle LEVEUGLE, Ludovic LOQUET, Daniel MACIEJASZ, Caroline MATRAT, Bénédicte MESSEANNE-GROBELNY, Alain MEQUIGNON, Sandra MILLE, Evelyne NACHEL, Bertrand PETIT, Benoît ROUSSEL, Véronique THIEBAUT, Françoise VASSEUR, Sophie WAROT-LEMAIRE, Florence WOZNY, Cécile YOSBERGUE.
SEANCE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DU 28 SEPTEMBRE 2026