Dans le Pas-de-Calais, 14 474 jeunes étaient apprentis fin 2024, soit une progression de 6,4 % en un an. Symbole d’un attrait pour l’apprentissage, les jeunes de nos territoires se forment pour répondre aux défis de demain. Pourtant, l’apprentissage fait aujourd’hui face à une remise en cause profonde de son modèle de financement.
Suite à l’arrêté du 28 mai 2026, les crédits de l’État destinés aux Régions pour accompagner les CFA passent de 268 millions d’euros à seulement 33 millions d’euros, soit une diminution de 88 %.
Cette baisse considérable réduit la capacité des Régions à accompagner les CFA dans leurs investissements, leurs équipements et leurs besoins spécifiques. Elle intervient alors même que nos territoires doivent renforcer les formations aux métiers de l’industrie, du bâtiment, de l’artisanat, de l’agriculture, des services et de la transition écologique.
Dans notre département, les CFA jouent un rôle essentiel pour maintenir une offre de formation au plus près des jeunes et des entreprises, y compris dans les territoires ruraux et les villes moyennes.
Un CFA ne peut pas être financé comme une simple activité marchande : une formation peut être indispensable à un territoire même lorsque ses effectifs ne permettent pas, à eux seuls, d’en assurer l’équilibre financier.
La loi du 5 septembre 2018 a profondément transformé le financement de l’apprentissage. En faisant davantage reposer le système sur le nombre de contrats et sur des niveaux de prise en charge définis au niveau national, elle a permis une croissance considérable du nombre d’apprentis.
Mais cette croissance s’est accompagnée d’une forte augmentation de la dépense publique et d’un développement particulièrement important de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur.
Le système doit désormais être rééquilibré, sans que les territoires et les CFA en supportent seuls le coût.
Nous, élus du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, refusons que cette nécessaire régulation se traduise par une baisse uniforme des financements et par un désengagement de l’État des territoires.
Nous demandons donc au Gouvernement de revenir sur la baisse brutale de 88 % des crédits destinés aux Régions pour accompagner les CFA et de leur garantir les moyens nécessaires à leurs missions. Nous demandons également de garantir en priorité les moyens nécessaires aux formations de proximité et aux métiers en tension, notamment dans l’industrie, le bâtiment, l’artisanat et l’agriculture.
Enfin, plus généralement, nous appelons à engager une réflexion sur un nouveau modèle de financement de l’apprentissage, conjuguant soutenabilité financière, justice sociale et égalité territoriale.
Le financement des CFA doit tenir compte non seulement du nombre de contrats, mais également du coût réel des formations, des besoins des métiers, de l’insertion professionnelle et des réalités de chaque territoire.
L’apprentissage ne doit pas être financé uniquement là où il est rentable : il doit être garanti là où il est utile.
Mireille HINGREZ-CEREDA, Présidente du groupe socialiste, républicain et citoyen
André KUCHCINSKI, Vice-Président du groupe socialiste, républicain et citoyen
Jean-Claude LEROY, Président du Conseil Départemental,
Fatima AIT CHIKHEBBIH, Olivier BARBARIN, Maryse CAUWET, Sébastien CHOCHOIS, Jean-Jacques COTTEL, Jean-Louis COTTIGNY, Alain DE CARRION, Jean-Claude DISSAUX, Blandine DRAIN, Jean-Luc DUBAELE, Philippe DUQUESNOY, Laurent DUPORGE, Delphine DUWICQUET, Raymond GAQUERE, Karine GAUTHIER, Pierre GEORGET, Séverine GOSSELIN, Ludovic IDZIAK, Daniel KRUSZKA, François LEMAIRE, Emmanuelle LEVEUGLE, Ludovic LOQUET, Daniel MACIEJASZ, Caroline MATRAT, Bénédicte MESSEANNE-GROBELNY, Alain MEQUIGNON, Sandra MILLE, Evelyne NACHEL, Bertrand PETIT, Benoît ROUSSEL, Véronique THIEBAUT, Françoise VASSEUR, Sophie WAROT-LEMAIRE, Florence WOZNY, Cécile YOSBERGUE.
SEANCE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DU 28 SEPTEMBRE 2026